74 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
tion. A cet effet, Mirabeau fut eu Provence ;Volney , auteur des Lettres sur l’Egypte , fut enAnjou et en Bretagne ; d’autres, moins connus,se répandirent dans différentes provinces. Paris était inondé décrits incendiaires et révolution-naires , tolérés par le gouvernement, et dont lesauteurs étaient ouvertement protégés. Qu’on ras-semble toutes ces circonstances; et le plan , arrêtépar le conseil même du monarque , de détruire lamonarchie, ne sera plus douteux.
Les princes firent une protestation peu de joursavant la déclaration pour la convocation des états-généraux ; ils la remirent au roi, et elle fut répan-due dans le public. Cette protestation avait étérédigée par le conseiller d’Etat Monthion ; elle étaittrès-bien faite, et ramenait aux anciens principesde la monarchie ; mais elle ne produisit d’autreeffet que d’animer et d'exaspérer le public contreles princes et contre la noblesse en général, sansfaire changer les dispositions du gouvernement, quiavait adopté des principes tout opposés. Monsieurrefusa de la signer; il suivait en cela les intentionsdu roi : le duc d’Orléans fit le même refus, maispar un motif différent.
Les états-généraux s’assemblèrent peu de tempsaprès : ils étaient composés , pour le clergé , d’ec-clésiastiques subalternes sans propriétés, opposésaux membres moins nombreux du haut clergé ; ils’y répandit, dans la noblesse, des hommes hardis,adroits et entreprenans, propres à la corrompre et