78 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
plus grande partie des fusils qui étaient dans lesarsenaux, et même jusqu’à des canons, au peuple,qui les demandait de manière à ne pas supporterun refus.
Dans les circonstances critiques où je me trou-vais, je demandai des instructions au ministre surla conduite que j’avais à tenir. Je m’étais refuséconstamment à distribuer les armes des arsenauxconsidérables dont je pouvais disposer. Le nou-veau ministre de la guerre, M. de La Tour-du-Pin( car le ministère avait été changé en grande partiedepuis l’assemblée des états-généraux ) , m’écrivitla lettre suivante :
« Versailles , 1 e 26 août 1789.
!> J’ai reçu, Monsieur , la lettre que vous m’avezfait l'honneur de m’écrire le 12 de ce mois. Je voussuis obligé des détails dans lesquels vous êtes entrésur ce qui se passe dans les Évêchés. Tout ce quevous avez fait mérite des éloges. Il est aisé, en vousrendant justice, de voir que vous avez été dirigépar les circonstances, et que la sagesse a présidé àtoutes vos démarches. Je ne peux que vous enga-ger à continuer les mêmes précautions et les mêmessoins pour |out ce qui peut assurer la tranquillitépublique et l’accord entre les militaires et la bour-geoisie. Vous ne devez pas douter de l’attention quej’ai de mettre toute votre correspondance sous lesyeux du roi. Il ne peut cependant être question devous donner aucune instruction particulière dans