CHAPITRE V. 87
ma conduite dans cette malheureuse circonstance.Qu’il se présente donc des hommes qui, avec desintentions pures et droites, aient la force et le cou-rage nécessaires, je me joindrai à eux; et, s’ils suc-combent, je succomberai avec eux.
» J’ai jugé depuis quelque temps, que M. le ducd’Orléans et M. de La Fayette tenaient dans leursmains la destinée de la France : je croyais que le pre-mier, par son rang et par sa naissance, devait endésirer la conservation et le bonheur; sa conduiteéclairée par les derniers évcnemens m’a détrompé,et m’a convaincu qu’il 11’y avait plus que du mal a enattendre. Il reste donc M. de La Fayette, dont lapuissance est encore accrue. Je ne connais pas sesprincipes; mais qu’il me les fasse connaître, et s’ilssont tels que vous me l’annoncez, et tels que je lesdésire, je me réunirai à lui pour sauver la patrie ;et mettant à l’écart l’ambition, l’intérêt particulier,l’amour-propre même, il pourra compter, ainsique toutes les personnes qui auront ce grand objeten vue,sur mon courage,sur mon dévouement à lachose publique, ainsique sur ma fidélité à remplirmes engagemens.
» Mais encore une fois, si je ne désire pas le retourdu pouvoir arbitraire, sous lequel je suis né, et souslequel j’ai vécu, je veux encore moins du désordreet de l’anarchie qui régnent à présent; je veux vivresous un gouvernement qui puisse en même temps pro-curer la sûreté au dehors et la tranquillité au dedans,dont la liberté soit conséquemment circonscrite