CHAPITRE VII.
Leroi, à la sollicitation de La Fayette , m’écrit de sa main pourm’engager à me rendre à Paris . —Je demande la permission dequitter le royaume : il m’écrit une seconde lettre pour me dé-tourner de cette résolution , et me porter à demeurer à sonservice.— Fédération des gardcÿ nationales de la province desEvêchés avec les troupes réglées : les premières désirent m’élireleur général, ce que je n’accepte point : réflexions judicieusesde M. de La Tour-du-Pin , ministre de la guerre , à cet égard.
Soit par maladresse, soit par humeur, je m’étaisbrouillé à Metz avec les partisans de M. de LaFayette . Je savais qu’il voulait m’ôter mon com-mandement , que je ne voulais quitter qu’en sortantdu royaume, environ deux mois après; en outre^il s’e'tait répandu un bruit que le roi avait vouluse retirer à Metz le 5 octobre, pour se soustraireà la fureur du peuple; on disait même qu’il enavait encore le projet. J'ignorais s’il avait dû jamaisavoir lieu ; mais cette opinion s’était accréditéeprincipalement par une lettre du comte d’Estaingà la reine, qui a étâ publiée depuis, ou plutôtcitée, dans laquelle il lui faisait des observationssur les dangers que pouvait causer une pareilledémarche (i). M. de La Fayette prit donc le pré-
(1) Le comte d’Estaing avait écrit une lettre à la reine * *, qu’ilfit circuler dans le public, dans laquelle il blâmait sa conduitepolitique , lui donnait des conseils , et prétendait croire au projet
* Voyez cette lettre dans les Mémoires de Ferrières, tome I, p. 269.
( JVole des now>. cdïl. )