I l4 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
Metz ; mais je pensais, et j’ai eu depuis des rai-sons très-fortes de croire que M. de La Fayette avaitd’abord engage Sa Majesté à m’en donner l’ordre,qu’elle s’y était refusée, et qu’elle avait consentiseulement a m'y engager. Le comte de La Tour-du-Pin , en me prévenant, quelques jours aupa-ravant, de celte lettre, et de l’objet quelle ren-fermait, m’assura que le roi, en m’engageant àaller à Paris , ne me désapprouverait pas si jepersistais à rester à Metz .
Je répondis à Sa Majesté que je n’étais resté enFrance , et dans le commandement quelle m’avaitconfié, que dans lunique objet de la servir et delui être utile; que j’en voyais désormais l’impossi-bilité, et que je la priais de me permettre, enquittant Metz , de sortir du royaume, au lieu d’allerà Paris . Je l’assurai en même temps que, si ja-mais il se présentait des circonstances plus heu-reuses, qui me permissent de lui donner de nou-velles marques de mon zèle pour son service, et demon attachement pour sa personne, je voleraisauprès d’elle au premier ordre qu’elle me donnerait.
Cette réponse était moins pour le roi que pourM. de La Fayette , à qui je savais bien qu’il lamontrerait. Ce prince ne s’y méprit pas; il m’écri-vit de sa main, le 2 mai, la lettre suivante, queM. de La Tour-du-Pin me fit remettre :
» Je remarque dans votre lettre, Monsieur, une