I ï 6 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUIRRÈ.
autorisée par aucun décret de l’Assemblée, et quele roi ne m’avait pas transmis ses ordres, je m’yétais constamment opposé, ce qui avait encore oc-casioné de nouvelles plaintes contre moi à l’As-semblée. La ville de Metz avait même envoyé deuxdéputés auprès du roi et de l’Assemblée, pour de-mander mon rappel ; mais M. de La Tour-du-Pinavait arrêté leurs demandes, en les assurant quenon-seulement je n’y mettrais plus d’obstacles,mais que j’emploierais tous les moyens pour éta-blir l’union entre le peuple et les troupes. 11 m’a-vait fait part en même temps des intentions du roi,qui désirait ardemment que j’assistasse à cette fé-dération, que j’y renouvelasse mon serment, etque je fisse mes efforts pour me populariser et pourgagner la confiance du peuple et des gardes natio-nales. Je remplis donc le voeu du roi,, et ma dé-marche produisit un tel effet, que toutes les gardesnationales de la province m’offrirent unanimementde m’élire leur général, et me pressèrent vivementd’accepter cette place. Je la refusai, et je m’en re-pentis, quand je sus par la lettre que m’écrivitM. de La Tour du-Pin, peu de jours après, que leroi le désirait, et que j’eus calculé de sang-froidtous les avantages que j’aurais pu en tirer et l’uti-lité dont j’aurais pu lui être , si je l’avais acceptée.Je transcris la lettre du ministre de la guerre quiappuie cette opinion.
» Je vois enfin, Monsieur, par les détails que