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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE IX.

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freux. J’allais engager un combat avec des forcessi inégales , que je ne pouvais me flatter du succès;mais si je m’étais refusé au désir des troupes, etopposé à l’espèce de fureur dans laquelle ellesétaient, je courais risque d’en éprouver moi-mêmeles effets, en passaut à leurs yeux pour un traître,ainsi qu’elles jugeaient depuis peu leurs chefs, etmoi particulièrement. Je me livrai donc aveuglé-ment à ma fortune.

A deux heures et demie, j’étais à une demi-lieuede la ville de Nancy, où je rencontrai une nouvelledéputation avec des officiers que les soldats avaientcontraints à venir avec eux. Je lui fis la même ré-ponse qu’à la première : je répétai que je voulaisqu’on rendît les deux officiers-généraux , que lestrois régimens sortissent de la ville, qu’ils attendis-sent , dans un endroit que j’indiquai, l’exécution dudécret et les ordres qui en étaient la suite ; qu’onme livrât quatre coupables par régiment, que j’en-verrais à l’Assemblée nationale pour être jugés,et qu’enfin ]'exigeais la soumission du peuple. Lesofficiers et les députés demandèrent un délai d’uneheure , que je leur accordai, et qui expira à quatreheures.

J’approchai alors mon avant-garde des portes dela ville, qui étaient garnies de troupes et de peuplearmé, et défendues par plusieurs pièces de canon.II me vint encore une députation, avec laquelle ilse trouvait plusieurs membres des corps adminis-tratifs et des officiers principaux de la garnison. Je