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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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ClIAriTRE IX.

jeune officier du régiment du roi, nommé Désiiles,les arrête quelque temps. Il se met devant la bouchedu canon; ils l’en arrachent : il s’assied sur lalumièred’un canon de vingt-quatre ; ils le massacrent ; lescanons partent, et jettent par terre cinquante àsoixante hommes de l’avant-garde; le reste, suivides grenadiers français , se précipite avec furiesur les canons , ils s’en emparent ainsi que de la portede Stainville que ces canons défendaient , et ilsentrent dans la ville par une grande place , où ilssont assaillis d’une grêle de coups de fusils, quipartent des caves, des fenêtres et des toits , sansapercevoir aucun ennemi.

Quel fut mon étonnement, quand j’entendis lesignal d’un combat que je m’étais efforcé d’éviteret auquel je ne devais plus m’attendre ! Je vole h latête de mes troupes, dont une partie déjà entréedans la ville, était en désordre, culbutée, renversée,prête à fuir. Je fais mes dispositions à la hâte pourpénétrer par deux colonnes qui ne peuvent avancerqu’avec beaucoup de peine et de lenteur dans lesprincipales rues. Les troupes de la garnison,croyantqu’on avait profité de leur sortie de Nancy pourattaquer le peuple etleurs camarades , y rentrèrentavec précipitation pour les défendre. Heureuse-ment que les officiers du régiment du roi, forcéspar leurs soldats de rester avec eux , parvinrent àleur persuader de se retirer dans la cour de leur ca-serne qui était fermée, de s y mettre en bataille ,d’v placer du canon et d’attendre qu’on les y atla-