182 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
qu’il avait de sortir de Paris , et conséquemmentde sa prison ; de se retirer dans une des placesfrontières de mon commandement, à mon choix;de réunir auprès de lui les troupes , ainsi que ceuxde ses sujets qui lui étaient restés fidèles; de cher-cher à ramener le reste de son peuple égaré pardes factieux, et de s’appuyer du secours de sesalliés, si les autres moyens qu’il empîoîrait pourrétablir l’ordre et la paix ne suffisaient pas. Je lepriai d’assurer le roi de ma fidélité et de mon dé-vouement absolu à sa personne, qui m’avaientjusqu’ici fait vaincre la répugnance extrême quej’avais à rester en France au milieu des troubles,du désordre et de l’anarchie qui y régnaient; maisje lui objectai que cette démarche était bien dan-gereuse et très-hasardée ; que , si elle ne réussissaitpas ( et le succès en était très-douteux ) , elle per-drait le roi ainsi que la monarchie , sans aucuneressource , et qu’elle exposait ses jours : je lui re-présentai que j’avais acquis, depuis peu, un teldegré de popularité, même dans l’armée, que jepouvais lui rendre les plus grands services , sansemployer des moyens dont l’effet était incer-tain. Enfin je lui parlai du plan que j’avais forméet que j’ai rapporté. Il m’assura que l’empereurLéopold, ainsi que les autres alliés du roi, exi-geaient sa sortie de Paris et son entière liberté,avant que de faire aucune disposition en sa faveur.Je n’eus plus alors qu’à me résigner et à obéir.Comme l’exécution de ce projet ne devait avoir