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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE X.

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t'I plus dangereux encore (i). Le duc d’Orléansavait des chefs et des agens secrets distribués danstous les points de la France : le club des jacobins de la capitale, qu’il dirigeait , correspondait avectous ceux du royaume ; il n’y avait pas de petitesvilles, de bourgs , de villages même , où il n’y eneût de présidés ou conduits par les hommes les plushardis, les plus entreprenons et les plus consommésdans le crime et dans la scélératesse. Le jacobi-nisme était un monstre dont la tête était à Paris ,et dont les bras s’étendaient sur toute la surface dela Fiance ; il employait, dans ses moyens de des-truction , un art approfondi, et alternativement la

(1) Le duc d’Orléans avait une armée de sans-culottes, soldéeet organisée à Paris , à laquelle se réunissaient la populace et tousles aventuriers qui abondaient dans la capitale. Il avait des chefsà lui dans Paris et dans les provinces. San terre , par exemple ,avait le département du faubourg Saint-Antoine, le plus remuantde tous. Le marquis de Saint - Hurugues avait celui du Palais-Royal . Il avait des chefs dans toutes les provinces. On a mêmedit qu’il avait été singulièrement secondé par les francs-maçons ,dont il était grand-maître en France. Ajoutez à ees moyens le clubdes jacobins de Paris à sa disposition , qui dirigeait tous ceux desprovinces , et qui, en même temps , était lui-même dirigé par unconseil révolutionnaire, composé des scélérats les plus habiles quiont brillé sur le théâtre de la révolution ; i’hubiieté des conseillersqu’il avait choisis, à la tête desquels on comptait l’abbé Sieyes etLaclos , et d’autres du même genre ; enfin , les richesses immensesde ce prince , qu’il a épuisées , ainsi que son crédit, dans la révo-lution. On peut remarquer qu’au commencement de la guerre,en 1792, presque tous les généraux des armées étaient à sa dis-position ; Dumouriez , Kellermann , Dillon , "Valence et le duc deBiron étaient entièrement à lui. M. de B.