2ÔO MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
gemens à notre constitution, et ensuite de la faireadopter.
» C’est aux moyens que vous voulez prendrepour arriver à un but que vous croyez bon, queje veux opposer quelques réflexions. Veuillez lesentendre; peut-être vous paraîtront-elles méritervotre attention. Je vais vous rappeler notre positionpassée , et vous parler de notre position présente.
» L’Assemblée nationale, souvent influencéepar quelques factieux, dont les noms seront à ja-mais l’iiorreur de la France , a travaillé, pendantdeux ans consécutifs, à la constitution qui va seterminer. Uue'grande masse d’hommes ignorans etsans courage étaient constamment de l’avis de cesfactieux; les oppositions maladroites du côté droit,en les irritant, ne faisaient que servir leurs in-fâmes projets. Le reste du côté patriote de l’Assem-blée était divisé en deux sortes d’hommes : ceuxqui, sans caractère, sont toujours de l’avis de ceuxqui crient le plus fort, et ceux qui, éclairés, dé-sintéressés, et constans dans leursprincipes, gémis-saient de voir que les efforts les plus soutenus etles plus courageux étaient quelquefois inutiles, maisqui, ennemis de toute faction autant qu’amis de laliberté , allaient droit à leur but ( la constitution ),malgré tous les orages dont les factieux entouraientsa marche, pour la faire tourner à leur profit. Mi-rabeau, plus qu’aucun autre , avait contribué à dé-populariser ces factieux. Sa mort, que je considèrecomme un grand malheur politique, et dont, plus