CHAPITRE XIX. 27I
plus, quelque chose qui pût arriver, rentrer enFrance et me retrouver encore dans le trouble etl’anarchie où j’avais ve'cu pendant deux ans et demi;je prévoyais que le désordre durerait plus long-temps que moi, quelque changement qui pût arri-ver dans l’état actuel des choses ; car je pensais que,quand même des armées étrangères seraient parve-nues à rendre au roi sa liberté et sa puissance,après s’être emparées d’une partie de la frontière(moyen terrible, mais que je jugeais alors néces-saire), le rétablissement elle maintien de l’ordredeviendraient impossibles, d’après l’opinion despeuples et de l’armée , d’après la force des partisrépandus en France , d’après la faiblesse des roya-listes au dedans, et l’exagération de ceux du de-hors, et d’après la difficulté de donner au roi unefo rce suffisante pour le soutien de son autorité. J’é-tais dans ces dispositions, quand je reçus une lettredu roi de Suède qui était alors à Aix-la-Chapelle ,et à qui j’avais envoyé celle que j’avais écrite àl’Assemblée.