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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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C1IAPITKK XII.

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royaume la honte d’un joug etranger; et aujour-d’hui vous pourriez contribuer à le lui imposer !Vous vous connaissez en vraie gloire, mon géné-ral , et vous savez bien que ce n’en est pas là unevéritable. Songez qu’au milieu de tous leurs excès,ces représentans avaient fait pour vous ce dontils étaient si avares ; ils vous avaient donné deséloges, de la confiance; et ils avaient mis en vousleur espérance ; enfin, ils vous appelaient l’espoirde la patrie. Je sais bien que leur folie avait rendutout bien impraticable; je sais bien qu’elle attiraittoute espèce de maux sur nous, et je ne suis passuspect en faisant leur éloge; mais j’ose vous rap-peler que vous êtes personnellement l’homme del’empire avec qui la majorité de l’Assemblée ait lemoins de torts.

» Songez, mon général, que le premier coupde fusil tiré au nord , peut faire massacrer au miditous les nobles et les prêtres. Qu’importe aprèsqu’on les venge? ce seraient de nouveaux malheurs.Mais si je témoigne cette inquiétude, c’est que jesuis persuadé qu’il est encore temps de s’entendre.11 est possible de négocier, et c’est sûrement lemeilleur. Si des opinions modérées pouvaient avoirquelque accès, rappelez-vous de moi. Je ne ba-lance pas à m offrir, et je ne crois pas que je fussetout-à-fait inutile.

» Adieu , mon général; j’espère que vous recon-naîtrez aux réflexions que renferme celte lettre,la franchise de l’attachement, de l’estime et du