Buch 
Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
Entstehung
Seite
283
JPEG-Download
 

CHAPITRE XII.

turent, et ceux du côte gauche laissèrent à leurschefs la proposition des mesures qu’ils appelèrentde sûreté , et qui ne furent contredites par per-sonne. Le second jour du départ, les jacobins de-vinrent menaçans, et les constitutionnels modères.Ils étaient alors et ils sont encore bien plus nom-breux que les jacobins. Ils parlèrent d’accommo-dement, de députation au roi. Deux d’entre euxproposèrent à M. Malouet des conférences qui de-vaient s’ouvrir le lendemain; mais on apprit l’ar-restation du roi, et il n’en fut plus question.Cependant, leurs opinions s’étant manifestées, ilsse virent par-là même séparés plus que jamais desenragés. Le retour de Barnave, le respect qu’ilavait témoigné au roi et à la reine , tandis que leféroce Pétion insultait à leurs malheurs, la recon-naissance que Leurs Majestés marquèrent à Bar-nave , ont changé, en quelque sorte, le coeur dece jeune homme, jusqu’alors impitoyable. C'est,comme vous savez, le plus capable, et un desplusinfluens de son parti. Il avait donc rallié à luiles quatre cinquièmes du côté gauche, non-seule-ment pour sauver le roi de la fureur des jacobins,mais pour lui rendre une partie de son autorité,et lui donner ainsi les moyens de se défendre à1 avenir, en se tenant dans la ligne constitution-nelle. Quant à cette dernière partie du plan deBarnave, il ù’y avait dans le secret que Lamelhet Duport; car la tourbe constitutionnelle leur ins-pirait encore assez d’inquiétude pour qu’ils ne fus-