CHAPITKE XII.
285
» Les dispositions générales de l’Assembléeétaient alors si favorables au roi, que, pendantqu'on le conduisait à Paris, Thouret étant montéà la tribune pour déterminer la manière dont leroi serait gardé (j’étais à la séance ), le plus grandsilence régnait dans la salle et dans les galeries.Presque tous les députés, même du côté gauche,avaient l’air consterné en entendant lire ce fataldécret; mais personne ne disant rien, le présidentallait le mettre aux voix; toul-à-coup Malouet seleva , et d’un air indigné s’écria : « Qu’allez-vous« faire,. Messieurs ? Après avoir arrêté le roi, on» vous propose de le constituer prisonnier par una décret! Où vous conduit cette démarche? Y pen-« sez-vous bien? Vous ordonneriez d’emprisonner» le roi ! » Non ! non ! s’écrient plusieurs membresdu côté gauche, en se levant en tumulte, nousrientendons pas que le roi soit prisonnier ; et ledécret allait être rejeté à la presque unanimité,lorsque Thouret s’empressa d'ajouter : « L’opinant» a mal saisi les termes et l’objet du décret.» Nous n’avons pas plus que lui le projet d’eni-» prisonner le roi; c’est pour sa sûreté et celle de la» famille royale que nous proposons des mesures. »Et ce ne fut que d’après cette explication , que ledécret passa, quoique l’emprisonnement soit devenutres-réel, et se prolonge aujourd’hui sans pudeur.
» A la fin de juillet, les constitutionnels, quisoupçonnaient la protestation du côté droit, sanscependant en avoir la certitude, poursuivaient