CHAPITRE XII.
voir aucun ordre de l’empereur; mais je fus ins-truit que les dispositions du cabinet de Vienneétaient très-éloignées de la guerre : je dois mêmela justice au maréchal de Lascy, qu’il me répétaplusieurs fois qu’on ne devait pas l’entreprendrelégèrement contre la France , dont les ressourcesétaient immenses et dont les frontières étaient im-pénétrables ; que les conséquences de cette guerrepouvaient être très-dangereuses pour l’empereuret pour l’empire; et c’était, je l’avouerai, le sen-timent de tous les ministres. Léopold voulait doncfaire en sorte de terminer les affaires de la France par la voie de la négociation. 11 désirait que toutesles puissances de l’Europe formassent une liguegénérale ; qu’elles environnassent le royaume deleurs armées; qu’on proposât alors au gouverne-ment français , par un manifeste, de rendre la li-berté au roi et. à la famille royale , de le réintégrerdans sa dignité, de rétablir le gouvernement mo-narchique sur des bases solides et sur des principesraisonnables; de menacer d’une invasion et d’uneattaque générale sur tous les points de la frontière,et de l’effectuer si la nation française s’y refusait.Le roi de Prusse, au contraire, était d’avis de dé-clarer la guerre a la France , de ne faire paraître lemanifeste, qui était une espèce de sommation,qu à la tête des armées et au moment où elles au-raient envahi le territoire français . On jugera sansdoute que de grandes vues politiques dirigeaient lecabinet de Berlin ; que le roi de Prusse désirait