3l6 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOÜILLÉ.
vince et dans une partie moins éloignée de Paris ,où il pouvait trouver une bonne place d’armes,l’appui d’une grande rivière, qui aurait servi auxtransports de ses munitions de guerre et de bouche,où nous aurions eu des intelligences, un grandnombre de partisans, et où nous aurions pu nousprocurer des ressources de tous les genres. Ce futdans les premiers jours de janvier que j’envoyai auroi, par mon fils, ce plan d’opérations très-dé-taillé, qui fut depuis approuvé par l’impératrice.
Tout l’hiver se passa sans le moindre mouvementde la part des troupes étrangères sur la frontièrede France , et rien n’annonçait une guerre pro-chaine. Je sus même, par l’électeur de Mayence ,que l’empereur en était très-éloigné. Les intentionsdu roi, parce que nous pûmes en découvrir, étaientles mêmes. 11 envoya M. Maîlet-du-Pan, en qui ilavait une juste confiance, auprès des princes sesfrères, à Coblentz , pour empêcher que les émigrésne commissent aucun acte d hostilité. Ils formaientalors un corps d’armée de quinze à dix-huit millehommes, composé en grande partie d’une cava-lerie très-brillante. Je vis à Mayence Mal!et-du-Pan, qui me fit part des dispositions pacifiques duroi, de sa situation qui était très-inquiétante, etde sa résignation. Il quittait lui-même la France où il avait provoqué sa proscription, par la véritéavec laquelle il avait exprimé les crimes de la ré-volution, et par son impartialité en relevant lesfautes de tous les partis. M. Mallel-du-Pan était