322 MKMOÏKES DU MAKQUIS DE BOUILUÉ.dont le courage , l’audace, l’industrie étaient lesseules ressources. Des légions de domestiques sansplace, d’hommes sans état, d’artisans de luxe sansouvrage , d’anciens gardes - chasse de seigneurs,d’employés dans les fermes et dans les finances,réformés alors ; de contrebandiers, tous hommesqui n’avaient d’autre parti à prendre, pour subsis-ter, que celui des armes, vinrent recruter l’arméenationale. Les officiers qui avaient quitté leurs régi-mens, pour se réunir aux princes hors du royaume,étaient remplacés par des bas-officiers, pour la plu-part fils de bourgeois ou de riches artisans, bienélevés, et auxquels le libertinage avait fait prendrel’état de soldat ; qu’on s’était occupé depuis long-temps d’instruire et de former dans les exercicesmilitaires, plus accoutumés que les anciens offi-ciers aux devoirs et à l’obéissance que le serviceexige. 11 restait encore quelques officiers qui, mé-contens de la cour, ou par ambition, étaient restésattachés à la constitution, et parmi eux Rocham-beau , Luckner, La Fayette et le trop célèbreDumouriez . A ceux-ci succédèrent des hom-mes à qui la nature avait donné de grands ta-lens , que les circonstances développèrent (i).Le choix que le gouvernement se permettait defaire dans toutés les classes de l’armée, donna aux
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