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524 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
plus habiles , les places les plus fortes, qu’ils ré-parèrent avec une activité incroyable , et la disci-pline militaire la plus sévère, et qu’on aurait trou-vée cruelle dans les autres armées, tandis que lesoldat français était le mieux payé, le mieux nourriet le mieux entretenu (i). On employait en mêmetemps les ressources extraordinaires que la force dugouvernement tyrannique et révolutionnaire pro-curait, en mettant en réquisition les hommes pourrecruter l’armée; les chevaux pour remonter lacavalerie et pour composer les équipages des vivreset de l’artillerie; les voitures pour les transports ;les subsistances pour nourrir les armées; l’argentpour les payer; toutes les fournitures nécessairespour l’armement, l’habillement et l’équipement dessoldats, réquisitions qu’il fit supporter non-seule-ment au peuple français, mais à ceux qui furentsoumis par les armes dans le cours de cette guerre.Qu’on y joigne la ressource des assignats, le fana-tisme du peuple et des troupes, les talens politi-ques et militaires du général qui commanda cettearmée au commencement delà guerre, les premierssuccès qu’il sut se procurer, et qui en préparèrentde plus grands encore, non moins extraordinaires
(i)M. de Bouille, qui jugeait fort bien , comme on le verra plusbas, l’esprit de l’armée, n’était point instruit de ses besoins. Ja-mais troupes plus mal payées , plus mal nourries, plus mal vêtuesne se battirent avec plus de courage ! Les Mémoires militaires nousfourniront à ce sujet de nombreux renseignemens.
( Note des nouv. édit.)