chapitre xiv. 3og
le sénat et fait assassiner le roi. Le peuple, dansquelques provinces, avait fait serment, pendantla maladie du roi, de maintenir cet acte. LesDalécarliens, toujours les gardes et les appuisfidèles de leurs souverains , avaient été au mo-ment de se rendre à Stockholm , pour en donnerune nouvelle preuve.
Ainsi le peu de jours que le roi survécut à sonassassinat servirent à calmer les esprits. 11 renditle dernier et peut-être le plus grand service à sonpays, par l’établissement et le choix du conseilde régence, qui imposa aux factieux et soutintl’action du gouvernement ; et l’on peut dire quel’ombre de Gustave , car on comptait peu sur saguérison, fit l’effet de la botte de Charles XII .
Gustave IIÏ était d’une taille médiocre, singu-lièrement mal proportionnée, assez gros , lesépaules et les hanches mal faites, le visage long ;le teint fort échauffé; les yeux assez grands et très-vifs; le front aplati du côté gauche d’une ma-nière bizarre ; le nez assez long et aquiîin ; lesdents affreuses ; une physionomie extrêmementvive et ouverte; et dans l’ensemble de ses traits,il avait de la ressemblance avec son oncle legrand Frédéric. Ses manières, sa politesse, malgréla disgrâce de sa figure, le rendaient l’homme leplus aimable et le plus attrayant de son pays,quoique les Suédois soient naturellement spi-rituels.
Il avait une imagination vive, un esprit éclairé
22 *