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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPJTKE XV.

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pagne, l’empereur et le roi de Prusse enjoignirentaux princes français de licencier et même de dé-sarmer les corps, d’émigrés qui servaient sous leursordres, dans les différentes armées. Déjà les princesn’avaient plus d’argent depuis long-temps pourles solder, et ceux-ci étaient généralement sansressources pour y suppléer. J’en excepte cependantle prince de Condé , qui n’avait cessé de donnerune paie à la noblesse qui lui était attachée , et quim’assura alors pouvoir subvenir à cette dépenseencore pendant deux mois. Aussi refusa-t-il de lalicencier; et, quand le général autrichien le menaçade la faire désarmer, il lui répondit avec fermeté:Qu’on ne désarmerait pas facilement des gentils-hommes français , et cpie ceux qu’il commandait seferaient tuer jusqu’au dernier plutôt que df con-sentir; ce que le général autrichien ne tenta pas.On lui permit de faire à l’empereur des représenta-tions , que le jeune duc de Richelieu fut chargé delui porter à Vienne. Le corps fut conservé sous sesordres, et attaché à l’armée de l’empereur. 11 fit plu-sieurs campagnes au service de ce monarque, maiscependant payé , ainsi que le prince de Condé, parl’Angleterre, depuis le commencement de celle deijgb, jusqu’à la paix de l’empereur avec la répu-blique française, qu’il entra au service de l’empe-reur de Russie , ainsi que le prince de Condé, quifui magnifiquement traité par ce souverain.

Au commencement de novembre , la campagneétant finie sur le Haut-Rhin , je quittai l’armée et

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