4 2 8 ÉCLURCISSEMEWS HISTORIQUES
que je resterais toute la nuit, jusqu’à la pointe du jour , entreStenay et Dun, qu’il y aurait un détachement de royal-allemandqui y serait placé pour escorter le roi jusqu'à Montmédy , tandisque le reste de ce régiment attendrait à Stenay , prêt à monter acheval. Je leur commandai d’attendre le roi jusqu’à la nuit , et leplus tard qu’ils'pourraient, et de me faire avertir à temps des évé-nemens. Il fut, en même temps , convenu avec eux que , si le roine voulait pas être reconnu , les délachemens le suivraient de loin,et se rendraient à Varennes ; que celui de Pont-de-Sommevelleresterait à la croisière du chemin de Clermont et de Varennespendant dix-huit ou vingt heures , pour arrêter tous les courriers,Tels étaient les ordres donnés , les précautions prises et convenues,et que personne n’osera me nier.
» J’arrivai le 20 à Stenay ; et le 21 , au matin , je confiai auxofficiers-généraux, MM. d’Offelize , de Klinglin, Heymann, le dé-part du roi; je le confiai également aux chefs des corps. Je fispartir pourMouza , village situé entre Stenay et Dun , le détache-ment de cinquante hommes de royal-allemand , pour escorter leroi ; et j'ordonnai à ce régiment de se tenir prêt à monter à cheval,à la petite pointe du jour. J’avais fait tous les préparatifs pour tra-cer le camp de Montmédy , et les troupes devaient arriver succes-sivement le 21, le 22 et le 23 . J’avais, dans le plus grand secret ,fait acheter la viande et préparer le pain nécessaire.
» J’eus la précaution , le soir du 21 , d’envoyer deux officiels àVarennes , dont l’un était mon second fils , pour veiller sur le re-lais du roi et m’avertir. J’ordonnai à M. de Klinglin de retournerà Montmédy , afin de tout préparer pour recevoir le roi ; et àM. Heymann, d’aller sur la Sarre , pour y réunir deux régimeusde hussards, et les conduire au camp de Montmédy . Quant à moi,à la nuit, je montai à cheval, et je me plaçai auprès de Dun , oùje restai jusqu'à la pointe du jour, ayant eu la précaution de mefaire suivre d’uu attelage de chevaux de voiture, pour serviracelle du roi. Le jour paraissant, et n’ayant pas de nouvelles, )eregagnai Stenay , afin d’être à portée de donner des ordres à M. deKlinglin et au régiment de royal-allemand, s’il était arrivé uuaccident au roi, et auquel je pusse remédier. J’étais à la porte deStenay , un peu avant quatre heures du malin , quand les deuxofficiers que j’avais envoyés à Varennes , et ,ce qui m’étonna beau-