436 ÉCLA1RCISSEMENS HISTORIQUES
» Mais si l’on croit pouvoir rétablir l’ancien ordre des choses,si la noblesse pense rentrer dans tous ses privilèges , les parlemensrecouvrer leur autorité , le clergé ses richesses en entier et ses pré-rogatives , le gouvernement son indépendance , on se trompe. Lessacrifices sont devenus nécessaires , s’ils veulent recouvrer et con-server , non-seulement leur existence particulière, inais celle duroyaume.
» D’ailleurs, il existe des raisons très-fortes de croire que les in-tentions de certaines grandes puissances , dont le concours est né-cessaire au rétablissement de la monarchie française , sont con-traires au gouvernement, tel qu’il était avant la révolution.
» Telle est mon opinion , d’autant plus impartiale, que je re-nonce à tout sous le gouvernement français , quel qu’il soit jamais ,et que mon attachement pour le roi et pour la monarxhie a dictéet dicte dans ce moment mes démarches et ma conduite.
» Mayence , ce 9 juillet 1791. »
Note ( I ~),page 3 4 - 7 -
La lettre que nous avons annoncée était ainsi conçue :
« M. le marquis de Bouillé ayant marqué un grand désir d’êtreinformé du projet de campagne des armées combinées contre laFrance , et surtout de quelle façon on croyait se servir du corps detroupes rassemblé par les princes pour leur en faire son rapport ,étayant, pour cet effet, sollicité Sa Majesté prussienne de vou-loir bien lui communiquer ce qui avait été stipulé à cet égard , leroi, notre très-gracieux maître, veut bien lui faire savoir qu’il a étérésolu que l’on ne manquerait pas d’assigner un poste convenableaux princes pour agir de leur côté , et que comme , selon le mar-quis de Bouillé , il leur était impossible d’agir en corps séparé, vuqu’ils étaient dépourvus de toute artillerie, de tentes, de boulan-gerie de campagne, et de itoute autre besogne nécessaire pourformer un corps àpart, on donnerait, ppur leur soutien , d’autrestroupes qui leur serviraient de repli ; qu’il était cependant impos-sible de déterminer déjà actuellement au juste le projet général dela campagne , et encore moins le point le plus convenable sur le-quel les princes pourraient agir le plus efficacement, conformémentau projet de campagne général.