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fort chéri du roi. Oui, sous le présent règne, tout irabien peut-être; mais les justes sujets d’appréhensionsus-indiqués ne subsisteront pas moins; et puisquechacun use ainsi de la liberté de disposer de la souve-raineté, sans consulter d’autre règle que l’utilité pu-blique , qu’il croit apercevoir, il me semble que s’il yavait quelque part un prince en état de nous protégeret de nous faire du bien, et assez éloigné pour nepouvoir aisément nous nuire, un prince, en grandeconsidération par toute l’Europe, défenseur déclarédes libertés spirituelles et temporelles des peuples, àl’exemple de tous ceux de sa race, et en faveur duquelon pourrait établir d’une manière assez éblouissante ledroitde succéder àla maison d’Orléans une fois éteinte,il me semble, dis-je, que puisqu’il est question dechercher, non le vrai et légitime successeur que la loiappelle, mais celui qui politiquement nous convien-drait le mieux, un souverain tel que je viens de le dé-crire serait bien notre fait. Or, je crois l’apercevoir enla personne du prince d’Orange, Guillaume Henri deNassau, possesseur des droits et titres de l’anciennemaison de Châlons -Orange. Par ce mot on comprendfacilement ce que je veux dire, et comme cette penséeme roule dans la tête depuis quelque temps déjà, etquelle mérite un sérieux examen, vu le pour et lecontre qu’elle présente, j’ai dessein d’en faire le sujetd’un travail particulier.
Après avoir ainsi parcouru l’enchamure par laquellele sort seigneurial et certaines principales formes cons-titutives du pays (après diverses révolutions dès leurorigine connue jusqu’à ce jour) se trouvent en l’état où