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abastre le courage des assaillis; ains se ruent-ils commelions de jour de nuict dessus les assaillans, espérant aprèsDieu en la prompte assistance des ligues. De vray trois centde Berne , aussi des nostres bien cent, bourgeois et aultresdu lac, résolvant porter ayde aussi provisionnement auxfrères de Grandson, parassamblèrent force battaux à Neuf-chastel ; et partement ordonné pour l’heure de vespres ;touts se ébattoient d’entrer, nul ne voulait estre le dernier.Mais possible ne fut de tendre mains ne nourriture auxpauvres assaillis ja retrayés dedans le chastel ; et les nostresne trouvant que brandons et fumée en la ville et Bourgui-gnons mill et mill deçà delà en bonne garde, si furent con-traints de revenir gémissants. Le duc Cliarle désireux depasser oultre, se courrouxe, jurant en sa coustume parSt. George, si incontinente tradition ne se faict, pendusseront ces vilains : ceulx du dedans respondent, que portesne portettes appertes ne seront sans exprès voloir de mes-sieurs des alliances. Le Bourguignon oyant ce, requiertde paix les assaillis par traitreuse faintize, leur promestantvies et bagues saulves : ceulx cy décrûs plus de moitié partant d’assaults et bateries, nuis reconforts ne aparaissants,et la nouriture non loing de défaillir, baillent créance à lafoy et parole du Bourguignon, et viennent en toute sim-plesse devers luy, qui par horrible méchanceté faict pendreces gens de bien, aimant mieulx conquester par abjectetrumperie que selon Dieu et raison. Le susdict duc ayantainsi parachevé sa besongne de Grandson par perfides ins-truments sans nulle vergongne, résolvit d’invadir Neuf-chastel et faire rage en la comté, par vindication des bonstraitements, grandes amitiés et bourgeoisies de nostre sirecomte Rodolf envers messieurs des ligues et alliances : touteslesquelles particulières choses ont été récitées à plusieursde nous du chapitre de Nostre-Dame par le comte Philippe