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Tome premier.
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déclarèrent à leur chef qu’il était fort le maître de faire en-trer sa compagnie sur les terres de l’empire, mais que lesleurs n’y mettraient pas le pied, résolus de retourner enSuisse avec leurs enseignes, si l’on persistait à exiger d’euxtelle chose qui les flétrix-ait dans leur patrie. Au même ins-tant, ils chargèrent le capitaine Meuron d’aller justifier encour leur conduite. M. de Turenne envoya de nouveauxordres très-pressans : meme refus de la part de ces capi-taines 5 et dans la crainte que le maréchal ne fût pas instruitdes vrais motifs qui les animaient, ils lui écrivirent unelettre datée de Toul le i 5 juin, dans laquelle ils disaiententr’autres choses : « Nous désirons ardemment mériter» l’estime et bienveillance de votre grandeur, et partant» ne ferons chose déloyale qui nous déshonorerait à tout■» jamais : appert la défense ci-jointe à nous intimée par nos» supérieurs de Suisse etc. » M. de Turenne peu touchédes raisons de ces capitaines, réitéra ses ordres, avec me-nace de les traiter en ennemis : ceux-ci en furent d’autantmoins ébranlés que le comte de Neuchâtel , Henri IId’Or-léans - Longueville louait hautement leur résistance. Etcomme ce prince venait de leur faire savoir que M. de Guyles accusait d’agir en factieux, et de s’être ligués contre luisous la religion du serment par un écrit plein de maximespernicieuses au service du roi, Purry de la Pointe se renditen toute diligence à la cour, expressément chargé par sescollègues de mettre au pied du trône leur acte d’union, laréquisition de la diète des Suisses et la notification de la ré-gence de Neuchâtel , avec un placet qu’ils signèrent tous,le 24 juin. La franchise simple et noble avec laquelle ilss’exprimèrent dans ce placet, garantissait la droiture deleurs intentions : « Par ainsi supplions très-humblement» votre majesté de vouloir employer notre sang et nos vies» en tels autres lieux où nous puissions guerroyer sans être