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(n36.) En homme d’état, ensemble en bon frère,voyant que la vallée et les montagnes échues en par-tage au jeune Bertliold, étaient en majeure partie cou-vertes de bois et broussailles, il se chargea de mettrela dite terre en meilleure valeur, à ses frais. Pour ceteffet, il ordonna des défricliemens en plusieurs lieux dela vallée où il fit construire divers hameaux ; tous les-quels travaux ayant bien réussi, et voulant procurer àson frère, seigneur du lieu, une résidence honorable,il fit jeter les fondemens d’une ville non de grande éten-due, mais forte et bien placée, qui reçut le nom deBonne-ville , située non bien loin d’Engolon, commeen font foi les ruines encore existantes, (i i4-5)
Et comme la vallée, et moins encore les montagnesd’icelle n’avaient des habitans pour peupler la ville etles hameaux construits, le comte y envoya de sespropres hommes avec femmes et enfans qu’il tira deBoudry, Colombier, la Côte et Landeron , sous la ré-serve toutefois de pouvoir retirer le même nombred’hommes, quand Bertliold s’en serait procuré, ouquand ceux-là que le comte lui avait fournis, auraientsuffisamment multiplié. Ainsi s’exprimaitle seigneur duVal-de-Ruz dans un acte de reconnaissance ou reversaide T an ii 5a, au rapport du chanoine Baillods. Sem-blable marché est la vive peinture des mœurs du 12 esiècle : parlerait-on autrement de nos jours, quand onse prêterait des chevaux ou chiens pour en avoir larace? De cette manière fut fondée, construite et peu-plée la Bonne-ville par le comte Rodolphe II au profitde Bertliold, son frère et vassal, seigneur du Vaux; et,après que la dite ville eût été fortifiée par tours et murs