263 —
prendre qu’ils sont formés d’une substance humaine et rai-sonnable, pour apprendre à se soumettre et à obéir d’uncœur humble. Et il leur est très-désirable, non seulementqu’ils puissent, par la pratique des bonnes œuvres, éviterson terrible courroux ; mais qu’à force de sollicitude, pardes œuvres de charité et de justice, ils méritent d’obtenirla faveur si désirée du très-pieux créateur, et qu’ils soientdignes d’acquérir la joie très-parfaite d’habiter avec le col-lège des citoyens des cieux.
Moi donc, Rodolphe par la grâce de Dieu , apprenant tousles jours par l’autorité des saintes écritures, que ceux quiagissent mal, sont menacés de châtimens, et que les de-meures célestes sont promises à ceux qui font le bien, dé-sirant trouver quelque asile, où je puisse fuir les embûchesde mes péchés, je n’ai pu trouver aucune idée aussi salu-taire que celle de fonder, d’après mes moyens, quelque mo-nastère, propre aux exercices de la religion, où l’on ren-drait tous les jours un service convenable à Dieu et à sessaints.
Cependant, pour exécuter ce dessein, je me suis renduau monastère du vénérable Odilon , abbé de Cluny , et desfrères qui y habitent, pour leur demander leur aide. For-tifié par leurs conseils, l’an de l’incarnation de notre sei-gneur DCCCCXCVIII, c’est-à-dire, la cinquième annéedu règne du très-noble roi Rodolphe , j’ai invité Ainrich ,prélat de l’église de Lausanne , à faire la dédicace du mo-nastère. Celui-ci, homme noble et bon, a acquiescé béné-volement à notre désir.
Or, le dit monastère est situé sur la rive du lac d’Yverdon ,à savoir dans l’évêché de la sainte église de Lausanne , aucomté de Yaud, dédié en l’honneur de St.-Pierre apôtre.Je donne donc ce monastère à Dieu et à St.-Pierre. Je con-cède aussi au dit monastère les terres suivantes : le do-