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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1793, 1794. 33

devant lui et se réfugier dans les murs de Toulon , dont les sectionsétaient en pleine insurrection contre la convention. On avait arrêté etenfermé au fort La Malgue les représentants du peuple Beauvais etBayle, ce même Bayle qui avait écrit au comité de salut public : Celava bien: le pain va manquer! Barras et Fréron , également en mission àToulon , étaient parvenus cà s’échapper avec le général Lapoype , et àgagner Nice , quartier général de l’armée d’Italie. Toutes les autorités,*e commandant de la flotte, et la plus grande partie de la populationde Toulon , se trouvant compromis par cet acte d’anarchie contre-révo-lutionnaire qui avait enfanté l’insurrection du Midi, redoutant égalementla terrible colère du comité de salut public et celle de l’armée, incapablesà la fois de la soumission et de la résistance, ne virent plus d’asile quedans le plus grand de tous les crimes politiques : ils livrèrent aux ami-raux anglais et espagnols la ville, le port, l’arsenal, les forts et l'esca-dre de Toulon. L’Espagne avait déclaré la guerre à la république aumois de mars. Le port contenait trente-deux bâtiments de haut bord,parmi lesquels une escadre forte de dix-huit vaisseaux et quelques fré-gates. Cependant, au moment de la trahison du vice-amiral Trogoff,qu’une attaque de goutte retenait dans la ville, l’escadre, sous les or-dres du contre-amiral Saint-Julien, s’était embossée de manière cà fermeraux ennemis l’entrée de la rade, et à foudroyer en même temps la villeinsurgée et ses batteries. La rébellion sectionnaire avait séduit la gar-nison de la marine, et entraîné Hyères , Ollioules et cinq autres com-niunes. Des députés de la révolte avaient osé se rendre à bord du con-tre-amiral Saint-Julien, qui avait voulu les faire pendre aux verguesde son vaisseau ; mais d’autres émissaires parvinrent cà s’introduire parles divers bâtiments de l’escadre; et enfin le vice-amiral Trogoff, s’étantfait porter à bord de la frégate la Perle, qui n’avait pas voulu obéir aumouvement de la flotte > avait arboré le pavillon du commandement, etfait le signal de ralliement. Seize vaisseaux y avaient obéi, deux seule-ment avaient persisté dans leur généreuse résolution, et leurs équipa-ges n’avaient eu d’autre ressource que de débarquer et d’aller à la ren-contre des troupes républicaines. Saint-Julien, placé tout à coup entrela vengeance de la convention et la fureur de la ville , avait été réduita se rendre à bord de l’amiral Hood, et conduit à Barcelone. Ainsi laflotte tout entière devint la proie de cet amiral, qui, le 28 août, occupaa\ec son escadre et deux escadres espagnole et napolitaine, portant*• 3