HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1797. 159
d’une guerre où la France venait de conquérir les plus beaux triomphesde l’histoire, devaient avoir d’immenses résultats pour sa politique etpour la grandeur de son général.
Bonaparte passa la Drave à Yillach, et établit son quartier général àKlagenfurth , d’où il chassa deux divisions autrichiennes arrivées del’armée du Rhin. L’archiduc n’avait pas osé l’y attendre, et s’était pré-cipitamment retiré sur Neumarck, quoiqu’il eût rallié une bonne partiede ses renforts. Ce fut à Klagenfurth que le vainqueur adressa auxpeuples de la Carinthie, de la Carniole et de l’Istrie une proclama-tion à la fois glorieuse et philanthropique, dont la garantie reposait déjàsur la discipline du soldat et sur la sagesse de l’administration mili-taire, et devait être de plus assurée par le régime paternel qu’elle con-fiait aux habitants. Cette proclamation renfermait les paroles suivantes :« Malgré l’Angleterre et les ministres de la cour de Tienne, soyons amis.La république française a sur vous des droits de conquête ; qu’ils dispa-raissent devant un contrat qui nous lie réciproquement! Tous ne vousmêlerez pas d’une guerre qui n’a pas votre aveu. Vous fournirez auxbesoins de mon armée. De mon côté, je protégerai les propriétés. Jene tirerai de vous aucune contribution. » Le contrat fut observé fidè-lement de part et d’autre. Le général en chef appela les plus richespropriétaires à la composition des quatre gouvernements qui furentorganisés. La justice, la modération marchaient sous le drapeau deBonaparte , et après la victoire elles assuraient la conquête.
Cependant les armées du Tyrol étaient encore en présence, et Jou-bert, opposé aux généraux Kerpen et Laudon, attendait l’ordre d’atta-quer. Cet ordre lui parvint du quartier général de Goritz. Le 20 mars,il commença son mouvement sur le camp de Kerpen , assis derrière leLavisio, à Cambra, couvrant Saint-Michel. Il passa la rivière à Ségon-zano, et les divisions Delmas et Baraguay-d’Hilliers à Lavis même.Kerpen , culbuté de toutes ses positions, perdit trois mille prisonnierset deux mille hommes tués : c’était la moitié de ses forces. Joubert seporta sur Neumarck, et battit le corps de Laudon, placé de l’autre côtéde l’Adige, lui fit deux mille cinq cents prisonniers, et entra à Neu-Uiarck. Botzano (Botzen), où se trouvaient tous les magasins de l’en-nemi, fut enlevé par notre avant-garde. Kerpen s’était rallié à Clausen,derrière une division arrivée de l’armée du Rhin : dans cette positioninexpugnable, il attendit Joubert avec confiance. Mais l’imnulsion de