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Tome premier.
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468 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1797.

d’Italie qui en ont été la victime se monte déjà à plusieurs centaines. Vousaffectez en vain de désavouer les attroupements que vous-même avezpréparés. Croyez-vous que, quand j’ai pu porter nos armes au cœurde l’Allemagne , je n’aurai pas la force de faire respecter le premierpeuple du monde? Pensez-vous que les légions dTtalie puissent souffrirles massacres que vous excitez? Le sang de nos frères d’armes seravengé ; il n’est pas un seul bataillon français qui, chargé de cette mis-sion généreuse, ne se sente trois fois plus de courage et de moyensqu’il ne lui en faut pour vous punir. Le sénat de Venise a répondu parla plus noire perfidie à notre générosité soutenue à son égard. Je prendsle parti de vous envoyer mes propositions par un de mes aides de campet chef de brigade. La guerre ou la paix. Si vous ne prenez sur-le-champtoutes les mesures pour dissiper les attroupements, si vous ne faitesaussitôt arrêter et remettre en mes mains les auteurs des meurtres quise commettent, la guerre est déclarée. Le Turc n’est pas sur vos fron-tières : aucun ennemi ne vous menace, et cependant vous avez fait arrê-ter, de dessein prémédité, des prêtres pour faire naître un attroupement,et le tourner contre l’armée. Je vous donne vingt-quatre heures pour ledissiper. Les temps de Charles VIII sont passés. Si, malgré la bien-veillance que vous a montrée le gouvernement français , vous me rédui-sez à vous faire la guerre, ne pensez pas que le soldat français , commeles brigands que vous avez armés, aille ravager les champs du peupleinnocent et malheureux de la terre ferme : non, je le protégerai, et ilbénira jusqu’aux forfaits qui auront obligé l’armée française de l’arra-cher à votre tyrannique gouvernement.

« Bonaparte . »

Bonaparte avait bien choisi son ambassadeur ; Junot remplit sa mis-sion , le 15 avril, avec la fermeté naturelle à son caractère, en y joignantaussi la rudesse d’un soldat victorieux et irrité. Il vit à ses pieds cetimplacable sénat de Venise , dont la dernière heure allait sonner. Lesintrigues de Pesaro , les mensonges de Laudon étaient dévoilés aux yeuxde tous les habitants. Le gouvernement des puits et des plombs avaitsoudainement perdu son impénétrabilité. On savait que Joubert étaitmaître de Villach , et avait, par la plus brillante comme la plus auda-cieuse opération, fait sa jonction avec l’armée. On savait que les arméesdu Rhin et de Sambre-et-Meuse occupaient toujours leurs positions sur