HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1797. 187
complices dePichegru, s’étaient également fait nommer députés. Lesconventionnels, en travaillant à leur propre élimination, avaient com-mis la faute de ne pas se recruter parmi leurs pairs. La division siégeaitdans le directoire même , et Letourueur venait d’y être remplacé parBarthélemy. Les tribunes du corps législatif et les feuilles périodiquesne discontinuaient pas de harceler le gouvernement et d'appeler lesesprits à un grand changement, en renouvelant avec audace le procèsde la révolution. Les orateurs, les écrivains du parti étaient à la soldede l’Angleterre. La conspiration de Duverne de Presle , Brottior, La-ville-Heurnois, comprimée dans le mois d’avril précédent, avait donnéd'importantes révélations. A celles-ci se joignirent les aveux que d’En-traigues, ministre du prétendant, à Venise , fit au général Bonaparte ,à qui il devait la vie et la liberté. Les royalistes marchèrent sans pru-dence dans leurs hostilités. Ils attaquèrent à la fois le directoire, larévolution et le général Bonaparte . On osa calomnier jusqu’à ses succès;c’était outrager ce qu’il y a de plus irritable, une armée française triom-phante. On a vu avec quel à-propos Bonaparte , s’emparant du ressen-,timent qu’une telle ingratitude inspirait à ses soldats , les avait repré-sentés comme une puissance qui n’attendait, que son signal pour allervenger à Paris la liberté et la victoire, outragées par les propres man-dataires de la nation. Cependant ce n’était pas dans la seule intention dele sauver qu’il faisait ainsi déclarer son armée en faveur du directoire ;il voulait ainsi combattre la contre-révolution, dont la conspiration,élaborée par le cabinet britannique, retenait encore, malgré les préli-minaires de Léoben, le cabinet autrichien dans des délais plus que sus-pects pour la conclusion de la paix. Le refus de M. de Thugut, designer les bases arrêtées à Montebello par Bonaparte et le marquisde Gallo, n’avait ni une autre cause ni un autre objet. En effet, Auge-reau manda de Paris , le 16 août, au générai en chef : <■ L’électeur deHesse écrit confidentiellement à son neveu que l’empereur ne fera pasla paix, par la raison qu’elle ne paraît pas être du goût de messieursde Clicliy, et qu’il croit tenir la haute-main sur Paris et les deux con-seils. »
Dans de telles circonstances, il était naturel que des vœux et mêmedes propositions fussent adressés à celui qui occupait alors toutes lestrompettes de la Renommée , et qu’on le pressât même de venir rem-placer un pouvoir dont la chute semblait prochaine. Ces instances, et