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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1797.les espérances que l’Autriche nourrissait depuis la signature des préli-minaires ; elle attendait une contre-révolution qui ne fût pas au profitdu directoire. Alors l’Autriche , effrayée de ce terrible succès de la puis-sance républicaine, dépêcha son représentant. Le comte de Cobentzelparut tout à coup à Udine avec de pleins pouvoirs : Clarke ayant étérappelé, Bonaparte se rendit à Passeriano, à quatre lieues d’Udine , etle 26 septembre s’entama la négociation avec le comte de Cobentzel : ilse présentait assisté du marquis de Gallo, du comte de Meervveldt, etdu baron d’Engelmann ; Bonaparte était seul. L’Autriche et le directoireavaient échangé leurs rôles : tandis que Cobentzel pressait Bonaparte de conclure le traité, le directoire, par une correspondance secrète etdes insinuations indirectes, l’engageait à rompre et à recommencer leshostilités ; mais il refusait des renforts à l’armée d’Italie , en même tempsque la ratification du traité de Turin, et cependant il prétendait signerla paix à Vienne .

La possession de Venise s’offrait naturellement comme un champ dediscussion, où le cabinet du Luxembourg défiait le cabinet de Vienne .Cette haute question qui dure encore pour ceux qui croient qu’aucunepuissance n’a le droit de trafiquer d’un peuple, agitait violemment desesprits républicains, et le directoire était un fidèle écho de l’opinion dela capitale et des principes de toute la France , quand, le 8 vendémiaire(29 septembre), il répondait à Bonaparte , au sujet des bases de lapaix : « Nous aurons traité en vaincus, indépendamment de la honted’abandonner Venise , que vous croyez vous-même si digne d’être bbre....Calculons tout au pis : admettons l'hypothèse que repoussent votre génieet la valeur de votre armée; supposons-nous vaincus et expulsés delTtahe.... Nous n’aurons pas connivé à une perfidie qui n’aurait pointd’excuse. » Le même jour, le ministre des relations extérieures expédiaau général Bonaparte l’ultimatum du directoire : « L’empereur renonceraà Mantoue, à Venise, à la terre ferme, au Fri oui vénitien . » Ceci équi-valait à une déclaration de guerre. Le directoire annonçait vouloir don-ner à l’Autriche l’Istrie et la Dalmatie vénitienne avec Trieste ; au beude l’Adige, l’Isonzo pour limite : ce qu’il voulait réellement, et ce vœuétait généreux, c’était que l’Italie entière fût bbre. Ce qu’il voulaitaussi, c’était la continuation des hostilités; et, dans ce sens, le ministreTalleyrand ajoutait : «Montrez aux Vénitiens que c’est de leurs intérêtsqu’il s’agit ici; que c’est uniquement pour eux, pour leur assurer la