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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4798, 1799. 249

l'importante place de Caïffa, où l’armée trouve des munitions et desapprovisionnements en tous genres, forme un prélude glorieux auxtravaux du siège d’Acre, à la conquête des châteaux de Saffet et deNazareth, de la ville de Sour (Tyr ), aux combats de Loubi, de Sedjarra,et à la fameuse bataille du Mont-Thabor.

Dans cette mémorable campagne de Syrie , tout présente l’empreintede l’Orient, tout est grand : le danger, la résistance, l’attaque, la ven-geance, la barbarie. Soixante jours ont vu la valeur française briservainement les murs de Saint-Jean-d’Acre, et Bonaparte , devenu plusinébranlable dans son dessein par les efforts de l’ennemi, communiquertoute l’opiniâtreté de sa résolution à des légions que les Romains eussentnommées invincibles. Chaque jour rend le péril plus imminent, la prised’Acre plus nécessaire. Les firmans du Grand Seigneur ont soulevé lespopulations d’une partie de l’Asie ; elles descendent des montagnes, etaccourent de Bagdad, de Damas, des bords de l’Euphrate , pour ladestruction des infidèles ; les flottes turques couvrent la mer et portentune armée qui vient au secours de la Syrie . Une autre se rassemble àRhodes pour reconquérir l’Égypte , où Mourad-Bey occupe le généralDesaix, où l’insurrection agite le Delta. Le pavillon d’Angleterre dirigela tempête maritime; il faut s’emparer d’Acre avant que son portreçoive ces nouveaux renforts. Mais l’artillerie de siège nous manque ;enlevée par une croisière anglaise avec notre flottille, elle sert à fortifierles remparts d’Acre. Les deux assauts donnés à la ville ont prouvé laforce des ouvrages qui la protègent, et Djezzar, pour seconder lesmouvements de la grande armée de Damas, ordonne contre le camp deBonaparte une sortie générale, que conduisent et soutiennent les équi-pages de l’artillerie des vaisseaux anglais. Bonaparte et l’impétuosité denos bataillons ont bientôt refoulé les assiégés dans la place, et l’artil-lerie européenne des musulmans n’a servi qu’à rendre les Français pluscertains de leur supériorité.

Après cette victoire, Bonaparte part pour le Mont-Thabor. Des hau-teurs qui dominent les plaines de Eouli, il découvre l’illustre Kléberqui, retranché dans des ruines avec deux mille hommes, y brave lesvingt mille qui le cernent. En un moment Bonaparte a conçu cettebataille célèbre, à laquelle le Thabor va attacher son nom. Il envoieMurat garder le Jourdain avec sa cavalerie. Yial et Rampon marchentsur Naplouse , et lui-même il se place entre les ennemis et leurs magasins.