252 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4798, 4799.furent, dit-on, recueillis par les Anglais sur le bord de la mer. Quantà ceux qui suivirent l’armée, ils guérirent en grande partie pendant laroute.
La retraite s’opère sous de tristes auspices. L’incendie dévore cha-que jour les moissons, les bestiaux, ainsi que les villages qui ont atta-qué ou trahi l’armée : la Syrie aussi a sou désert. Gaza , seule restéefidèle, est seule épargnée. Au bout de trois jours, les Français rentrenten Egypte ; et le fort d’El Arich reçoit de bon aporie de nouveaux dévelop-pements, des magasins, une garnison. Il fortifie Tineli, laisse un corpsde troupes à Kattieh : ces trois places défendent l’Égypte du côté dela Syrie. Enfin, après quatre mois d’absence, l’année arrive au Caire ,et croit revoir le sol natal : elle a perdu six cents hommes par la peste,douze cents par la guerre, et a ramené dix-huit cents blessés. Ainsi,après une des campagnes les plus meurtrières et les plus actives, notrearmée, accablée par toutes les privations et par un climat homicide,n’a à regretter que dix-huit cents hommes.
L’entrée au Caire fut triomphale et effaça les funestes impressionsque le bruit de la destruction de nos braves et de la mort du sultanKébir (le père du feu), nom donné par les Arabes à Bonaparte , avaitfaites sur la population. Le général en chef sut tirer habilement partides mensonges semés par les émissaires turcs et anglais , quand il ditaux habitants dans sa proclamation : « .... Il est arrivé au Caire lebien gardé, le chef de l’armée française, le général Bonaparte, qui aimela religion de Mahomet ; il est arrivé bien portant et bien sain, remer-ciant Dieu des faveurs dont il le comble. Il est entré au Caire par laporte de la Victoire; ce jour est un grand jour : on n’en a jamais vu depareil. Tous les habitants du Caire sont sortis à sa rencontre ; ils ontvu et reconnu que c’était bien le même général en chef Bonaparte , enpropre personne; ils se sont convaincus que ce qui avait été dit surson compte était faux.... Il fut à Gaza et à Jaffa : il a protégé les habi-tants de Gaza; mais ceux de Jaffa , égarés, n’ayant pas voulu se ren-dre , il les livra tous, dans sa colère, au pillage et à la mort : il a dé-truit tous les remparts et fait périr tout ce qui s’y trouvait. Il trouva aJaffa cinq mille hommes des troupes de Djezzar, il les a tous dé-truits !... » Les Français, en retrouvant au Caire toutes les jouissancesde la vie, oublièrent les journées du désert et les périls du sièged’Acre. Ils volèrent bientôt à de nouvelles fatigues. Celui qui ne se re-