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INTRODUCTION.
là qu’un mirage qui s’évanouit bientôt devant la plus simplecomparaison des faits.
Peut-être nous reprochera-t-on de n’avoir pas assez systéma-tisé notre classification, de ne l’avoir pas ramenée à des élémentsgénéraux assez faciles à saisir, et, par conséquent, à retenir, euconservant, dans beaucoup de cas, les sous-divisions établiespar les auteurs qui ont décrit spécialement telle ou telle loca-lité, et cela au lieu de les fondre dans une terminologie uni-forme; mais, outre que ces sous-divisions locales peuvent êtreparfaitement justifiées et fort utiles en elles-mêmes, nous eus-sions, en agissant autrement, dépassé de beaucoup les limitesde notre mission, probablement celles de nos propres forces etpréjugé une multitude de questions encore douteuses, nous ex-posant par suite à méconnaître le véritable état des choses. Nousavons suivi l’exemple de la plupart des savants qui ont exécutéles plus grandes cartes géologiques en Europe , et entre autresde MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont pour celle de la France .Si, dans quelques cas assez rares, il est résulté pour nous dela comparaison et de la discussion des faits, l’évidence d’unhorizon géologique bien déterminé et qui aurait été omis ouimparfaitement tracé, nous n’avons pas hésité à l’adopter, carla constance du même phénomène ou des mêmes résultats surune grande surface est le caractère essentiel d’une véritableunité géologique, et les observations locales, en contradictionavec ces résultats, ne peuvent être signalées qu’à titre de ren-seignements.
D’après notre manière d’envisager les dépôts d’une formation,et qui n’est autre que celle recommandée par H.-T. de laBêche (1), dont la longue expérience et les réflexions judicieu-ses sont d’un si grand poids, on comprend qu’ils ne peuvent êtrereprésentés par une série continue verticale dont tous les termesdoivent nécessairement paraître de même valeur. Aussi au lieude cette série linéaire simple, nous concevons la série complexeet présentant des embranchements latéraux plus ou moinsimportants. De ces deux manières de considérer les terrainssédimentaires il résulte une difficulté presque insurmontablepour les personnes qui voudraient coordonner les faits ou lesfossiles, rangés suivant l'un et l’autre ordre. En effet, ce qui
(1) Coupes et vues , Explication de la planche l re .