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ANGLETERRE.
dessous du niveau de la mer, à un moment donné, ne dépassait pro-bablement pas 150 mètres.
Les caractères minéralogiques de nos groupes et de nos princi-paux étages ont une constance remarquable. Ainsi le Kimmeridge-clay, l’Oxford-clay et le lias sont généralement plus argileux queles autres termes de la série. Le Portlaud-stone, le coral-rag, lecornbrash, le foresi-marble, la grande oolitheet l’oolithe inférieuresont essentiellement calcaires, et si, d’une part, les assises argi-leuses de Bradford et du fuller’s-earth’ sont des dépôts marins sépa-rant les étages calcaires du troisième groupe, de l’autre, des sablessiliceux, ferrugineux ou glauconieux, et des grès plus ou moinscalcarifères et ferrugineux, séparent le Portland-stone du Kimme-ridge-clay, précèdent et suivent le coral-rag, et recouvrent lesargiles supérieures du lias.
Quant à la cause de la prédominance de telle ou telle substancependant un temps donné, il serait sans doute difficile de l’assignerd’une manière absolue, surtout lorsqu’on voit la nature des sédi-ments être constante sur de si grandes étendues. On doit remar-quer aussi cette particularité d’un dépôt gris bleuâtre ou noirâtre,aussi essentiellement calcaréo-argileux que le lias, succédant partoutâ un dépôt essentiellement arénacé et presque constamment rouge.
Outre les modifications stratigraphiques et minéralogiques quenous venons de rappeler, il en est d’autres indiquées par les corpsorganisés, et qui sont de plusieurs sortes, suivant que l’on considèreceux-ci d’après leur habitat, d’après les genres, les ordres, lesclassesauxquels ils appartiennent, c’est-à-dire suivant qu’ils ont vécu dansla mer, dans les eaux saumâtres, dans les eaux douces, ou enfin à lasurface d’un sol émergé. Ainsi nous avons déjà fait voir (ante,vol. IV, p. H1) qu’après le calcaire marin de Portland, de grandesportions du sud de l’Angleterre avaient été portées au-dessus deseaux, et que d’autres étaient restées couvertes d’eaux douces etsaumâtres, peu profondes, durant un laps de temps assez considé-rable. Or, pendant la période jurassique elle-même, des dépôts denature mixte se sont aussi formés çà et là, à divers niveaux ou àdivers moments, interrompant la sédimentation purement marinele long de ce littoral que nous avons étudié.
Dans le nord de l’Écosse des sédiments lacustres ont précédé lescouches marines de l’Oxford-clay ; dans le Yorkshire et le Lin-colnsliire des accumulations de végétaux terrestres sont enveloppéesdans des grès dépourvus de coquilles marines, et font penser que