4 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
Les factions de la Gironde et de la Montagneétaient trop acharnées ; si elles se fussent main-tenues , l’administration eût été entravée, et larépublique n’eut pas pu lutter contre l’Europe conjurée contre elle. Le bien de la patrie vou-lait qu’une des deux triomphât. Au 3 i mai laGironde succomba, et la Montagne gouvernasans opposition. Le résultat est connu : les cam-pagnes de 1793 et 1794 ont sauvé la France del’invasion étrangère.
Aurait-on obtenu le même résultat, si la Gi-ronde l’eût emporté, et que la Montagne eût étésacrifiée au 3 1 mai ? Nous ne le pensons pas.Le parti de la Montagne comprimé eût toujoursconservé une grande influence dans Paris , dansles sociétés populaires et dans les armées, cequi eût conseillé à la Gironde de conserverplus de ménagement pour les partis ennemis dela révolution, et essentiellement diminué l’éner-gie de la nation, tout entière nécessaire dansles circonstances. L’on comptait, sans doute,plus de talents dans la Gironde que dans laMontagne ; mais la Gironde était composéed’hommes plus spéculatifs, ayant moins de ca-ractère et une volonté moins décidée; ils eus-sent gouverné avçc plus de douceur, et il estprobable qu’on n’eût vu sous leur règne qu’unepartie des excès auxquels s’est porté le gou-