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MÉMO!RES DE NAPOLÉON.
trer dans le bassin pour se réparer. Le généralen chef, profitant d’un moment où le com-mandant d’artillerie s’était absenté vingt-quatreheures pour aller visiter l’arsenal de Marseille ,et surveiller le départ de quelques objets indis-pensables , ordonna l’évacuation de cette batte-rie , sur le prétexte qu’on y perdait beaucoupde canonniers. A neuf heures du soir, l’éva-cuation commençait lorsqu’il revint ; il fallutencore désobéir. Il existait à Marseille unevieille coulevrine qui était un objet de curio-sité; on mit dans la tête de l’état-major que lareddition de Toulon tenait à cette coulevrine ;quelle avait des propriétés merveilleuses ; elleportait au moins à deux lieues. L’artillerie s’as-sura que cette coulevrine, qui était extrême-ment pesante, était chambrée et ne pouvaitrendre aucun service. Cependant il fallut sedonner beaucoup de peine et sacrifier beaucoupde moyens pour tramer cette antiquaille aveclaquelle on tira seulement quelques boulets.
Fatigué et tourmenté de tant de contrariétés,Napoléon écrivit au général en chef pour luidemander qu’il lui fit connaître ses idées géné-rales , et qu’il lui en laissât l’exécution pour lesdétails de son arme. Cartaux répondit que leplan auquel il s’attachait définitivement étaitque l’artillerie chauffât Toulon pendant trois