l/(4 MEMOIRES DE NAPOLÉON.
Saint-Bernard. Depuis le pied du Saint-Bernarddu côté de la France , au village de Scez, jusqu’àla vallée de Barcelonnette , il y a trente lieues ;du côté de l’Italie il n’y en a que dix-huit, me-surées de la vallée d’Aoste à la vallée de la Stura,vis-à-vis le col d’Argentières. Mais de la Stura ilfaut franchir la haute chaîne des Alpes pourdescendre dans le comté de Nice et suivre lesbords de la rive gauche du Var . Une armée qui,d’Italie , franchit le Var, est entrée en France ;mais une armée qui, de France , franchit le Var,n’est pas entrée en Italie ' : elle n’est que sur lerevers des Alpes maritimes . Aussi long-tempsquelle n’a pas franchi la haute crête des Alpes pour descendre en Italie , l’obstacle reste toutentier.
Le'Var est un torrent guéable une partie del’année. Il coule dans des montagnes où tousles chemins sont impraticables à l’artillerie. Unearmée ne pourrait donc entrer en Italie , en pas-sant le Var , que par le bas de cette rivière pours’emparer d’abord de Nice . Pour que le Var fûtune ligne de quelque considération, il faudraitun fort à l’embouchure, qui barrât les eaux,détruisît les gués ou donnât des inondations. LeVar passé, et l’armée maîtresse du comté deNice, il faut pour entrer en Italie passer le colde Tende , ou continuer à longer la mer jusqu’à