Band 
Tome premier.
Seite
184
JPEG-Download
 

]84 MÉMOIRES ItE NAPOLÉON.

fut porté à Ceva : l’ennemi y avait laissé l’ar-tillerie du camp, qu’il n’avait pas eu le tempsd’emmener, et s’était contenté de mettre gar-nison dans le fort.

Ce fut un spectacle sublime que l’arrivée del’armée sur les hauteurs de Montezemotorde làelle découvrit les immenses et fertiles plainesdu Piémont; le Pô, le Tanaro , une foule d’au-tres rivières serpentaient au loin; cette ceintureblanche de neige et de glace, d’une prodigieuseélévation, cernait à l’horizon ce riehe bassin dela terre promise. Ces gigantesques barrières quiparaissaient les limites d’un autre monde, quela nature s’était plu à rendre si formidables,auxquelles l’art n’avait rien épargné, venaientde tomber comme par enchantement : « Anni-« bal a forcé les Alpes , dit Napoléon en fixant« ses regards sur ces montagnes, nous, nous« les avons tournées ! » Phrase heureuse qui ex-primait en deux mots la pensée et l’esprit de lacampagne. L’armée passa le Tanaro ; pour lapremière fois elle se trouvait en plaine, la ca-valerie devenait nécessaire; le général Stengel,qui la commandait,. passa la Corsaglia à Leze-gno, et battit la plaine pour éclairer le pays.Le quartier-général arriva au château de Le-zegno sur la rive droite de cette rivière, prèsde l’endroit où elle se jette dans le Tanaro .