Beaulieu, consterné, s’était retiré au-delà du Pô,pour couvrir Milan; il comptait défendre lepassage du Pô, vis-à-vis de Valence , et celui-ciforcé, celui de la Sesia et du Tésin. Il plaçases troupes sur la rive gauche de la Cogna, aucamp de Valeggio ; il y fut renforcé par unedivision de réserve de dix bataillons, ce quilui donnait une armée égale à l’armée fran-çaise. Dans toutes les dispositions politiques etmilitaires, Valenza avait été désigné comme lelieu où les Français devaient opérer le passagedu Pô . Dans les conférences de Cherasco, onavait laissé percer mystérieusement cette inten-tion. Dans la conclusion de l’armistice, un arti-cle prescrivait la remise de cette ville aux Fran-çais , pour qu’ils y effectuassent le passage dufleuve. Masséna, à peine arrivé à Alexandrie ,poussa des partis dans la direction de Valenza.Augereau partit d’Alba, et campa à l’embou-chure de la Scrivia. Serrurier se rendit à Tortone où Laharpe était arrivé par la route d’Acqui.Les grenadiers de l’armée y avaient été rassem-blés au nombre de 3,5oo ; ils formaient dix ba-taillons : avec ces troupes d’élite, la cavalerieet vingt-quatre pièces de canon, Napoléon seporta à marches forcées sur Plaisance, pour ysurprendre le passage du Pô ; le passage unefois démasqué, toutes les divisions françaises
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