9.64 MÉMOIRES OE JNAPÜLÉOW.
quartier-général se porta de Bologne à Rover-bella, où était Serrurier qui commandait le blo-cus; plusieurs chaloupes françaises étaient surle lac Inférieur. Le colonel Andréossy avait ré-uni un assez grand nombre de bateaux ; il es-pérait surprendre la place. Déjà 100 grenadiersétaient embarqués; ils devaient débarquer àdeux heures du matin sous la batterie et le bas-tion du palais, s’emparer de la porte de la po-terne, baisser les ponts-levis de la chaussée deSaint-George, par où l’armée fût entrée dans laville : ce projet semblait immanquable. Le co-lonel Lahoz, natif de Mantoue , devait marcher àla tête de la colonne, ainsi que plusieurs patrio-tes du pays. Mais le Pô ayant considérablementdiminué, et les eaux du laç Inférieur s’étantécoulées avec rapidité, il ne se trouva plus assezd’eau pour les bateaux, obligés de prendre aumilieu des roseaux pour n’être point aperçusde la place ; ils s’y engravèrent dans la nuit ; ilfut impossible de les dégager. La nuit suivante,les eaux diminuèrent encore ; cette expéditionfut abandonnée. Il fut agité alors si l’on ouvri-rait la tranchée ou non. L’orage du Tyrol pa-raissait prêt à crever. Mais Chasseloup promitde prendre la place en quinze jours de tran-chée; elle était mal armée, et la garnison étaitfort affaiblie ; le général en chef s’y résolut. Les