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26 mémoires de napoléon.
caissons fussent mis en batterie, et pussent en-voyer des bombes dans la même direction.
Le général Lapoype, de son côté, se portacontre le fort Pharaon que l’ennemi évacuait,et s’en empara. Pendant tout ce temps les bat-teries de l’Éguillette et de Balagnier ne cessaientde faire un feu des plus vifs sur la rade. Plusieursvaisseaux anglais éprouvèrent de notables ava-ries, et un assez grand nombre d’embarcationschargées de troupes furent coulées. Les batte-ries tirèrent toute la nuit, et à la pointe du jouron distingua la flotte anglaise hors la rade. Surles neuf heures du matin, il s’éleva un trèsgrand vent d’Olliibech ; les vaisseaux anglais furent obligés de chercher un refuge aux îlesd’Hyères .
Plusieurs milliers de familles toulonnaisesavaient suivi les Anglais , de sorte que les tri-bunaux révolutionnaires ne trouvèrent que peude coupables dans la ville : tous les principauxen étaient partis. Néanmoins , dans la premièrequinzaine, plus de cent malheureux furentfusillés.
Depuis, des ordres de la convention arrivè-rent pour démolir les maisons de Toulon ; l’ab-surdité de cette mesure n’en arrêta pas l’exé-cution : on en démolit plusieurs qu’on fut obligéde rebâtir après.