DIX-HUIT BRUMAIRE. 63 ,
stant que Napoléon aurait donné de nouveauxsuccès à nos armées.
Barras était loin de partager cette sécurité ;il savait que tout allait mal, que la républiquepérissait; mais, soit qu’il eût contracté des en-gagements avec le prétendant, comme on l’a ditdans le temps, soit que, s’abusant sur sa si-tuation personnelle (car de quelle erreur ne sontpas capables la vanité et l’amour-propre d’unhomme ignorant!), il crut pouvoir se maintenirà la tête des affaires ; Barras fit les mêmes pro-positions que Moulins et Cahier.
Cependant toutes les factions étaient en mou-vement. Celle des fructidorisés paraissait per-suadée de son influence ; mais elle n’avait au-cun partisan dans les autorités existantes. Na poléon pouvait choisir entre plusieurs partis àprendre.
Consolider la constitution existante, et don-ner de l’appui au directoire en se faisant nommerdirecteur: mais cette constitution était tombéedans le mépris, et une magistrature partagée nepouvait conduire à aucun résultat satisfaisant ;c’eût été s’associer aux préjugés révolution-naires, aux passions de Barras et de Sièyes , etpar contre-coup se mettre en butte à la haine deleurs ennemis.
Changer la constitution et parvenir au pou-