CONSULS PROVISOIRES.
J 35
saient être une analyse de ce qui avait existédans tous les siècles. Ces listes de notabilitéétaient des espèces de listes de noblesse nonhéréditaire, mais de choix. Cependant les genssensés virent tout d’abord le défaut de ce sys-tème, qui gênerait le gouvernement, en l’em-pêchant d’employer un grand nombre d’individuspropres aux fonctions, parce qu’ils ne seraientpas sur les listes nationale, départementale,communale. Cependant le peuple serait privéde toute influence directe dans la nominationde la législature; il n’y aurait qu’une participa-tion fort illusoire et toute métaphysique.
Encouragé par ce succès, Sièyes fit connaîtredans les séances suivantes la théorie de son juryconstitutionnel, qu’il consentit à nommer sénatconservateur. Il avait cette idée dès la constitu-tion de l’an III, mais elle avait été repousséepar la convention. « La constitution, disait-il,« n’est pas vivante, il faut un corps de juges« en permanence, qui prennent ses intérêts, et« l’interprètent dans tous les cas douteux .Quelle« que soit l’organisation sociale, elle sera corn-et posée de divers corps : l’un aura le soin de« gouverner, l’autre de discuter et de sanction-« ner les lois. Ces corps, dont les attributions« seront fixées par la constitution, se choque-« ront souvent, et l’interpréteront différem-