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Tome sixième.
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MARENGO.

J 97

consulaire étant essentiellement civile, le prin-cipe de la division des pouvoirs et de la respon-sabilité des ministres ne voulait pas que le pre-mier magistrat de la république commandât im-médiatement en chef une armée; mais aucunedisposition, comme aucun principe, ne soppo-sait à ce quil y fût présent. Dans le fait, le pre-mier consul commanda larmée de réserve, etBerthier, son major-général, eut le titre de gé-néral en chef.

Aussitôt que lon eut des nouvelles du com-mencement des hostilités en Italie , et de latournure que prenaient les opérations de len-nemi, le premier consul jugea indispensable demarcher directement au secours de larmée d talie ; mais il préféra déboucher par le grandSaint-Bernard, afin de tomber sur les derrièresde larmée de Mêlas , enlever ses magasins, sesparcs, ses hôpitaux, et enfin lui présenter labataille, après lavoir coupé de lAutriche . Laperte dune seule bataille devait entraîner laperte totale de larmée autrichienne , et opérerla conquête de toute lItalie . Un pareil planexigeait, pour son exécution, de la célérité ,un profond secret, et beaucoup daudace : lesecret était le plus difficile à conserver ; com-ment tenir caché aux nombreux espions delAngleterre et de lAutriche le mouvement de