MARENGO.
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consulaire étant essentiellement civile, le prin-cipe de la division des pouvoirs et de la respon-sabilité des ministres ne voulait pas que le pre-mier magistrat de la république commandât im-médiatement en chef une armée; mais aucunedisposition, comme aucun principe, ne s’oppo-sait à ce qu’il y fût présent. Dans le fait, le pre-mier consul commanda l’armée de réserve, etBerthier, son major-général, eut le titre de gé-néral en chef.
Aussitôt que l’on eut des nouvelles du com-mencement des hostilités en Italie , et de latournure que prenaient les opérations de l’en-nemi, le premier consul jugea indispensable demarcher directement au secours de l’armée d’I talie ; mais il préféra déboucher par le grandSaint-Bernard, afin de tomber sur les derrièresde l’armée de Mêlas , enlever ses magasins, sesparcs, ses hôpitaux, et enfin lui présenter labataille, après l’avoir coupé de l’Autriche . Laperte d’une seule bataille devait entraîner laperte totale de l’armée autrichienne , et opérerla conquête de toute l’Italie . Un pareil planexigeait, pour son exécution, de la célérité ,un profond secret, et beaucoup d’audace : lesecret était le plus difficile à conserver ; com-ment tenir caché aux nombreux espions del’Angleterre et de l’Autriche le mouvement de