MARENGO, 205
était un grand et vigoureux jeune homme devingt-deux ans, qui s’entretint beaucoup aveclui, en s’abandonnant à cette confiance propreà son âge et à la simplicité des habitants desmontagnes : il confia au premier consul toutesses peines, ainsi que les rêves de bonheur qu’ilfaisait pour l’avenir. Arrivé au couvent, le pre-mier consul, qui jusque-là ne lui avait rien té-moigné, écrivit un billet, et le donna à ce paysan,pour le remettre à son adresse ; ce billet étaitun ordre qui prescrivait diverses dispositionsqui eurent lieu immédiatement après le passage,et qui réalisaient toutes les espérances du jeunepaysan : telles que la bâtisse d’une maison, l’a-chat d’un terrain, etc. Quelque temps après sonretour, l’étonnement du jeune montagnard futbien grand de voir tant de monde s’empresserde satisfaire ses désirs, et la fortune lui arriverde tous côtés.
Le premier consul s’arrêta une heure au cou-vent des hospitaliers, et opéra la descente.à laramasse, sur un glacier presque perpendicu-laire. Le froid était encore vif; la descente dugrand Saint-Bernard fut plus difficile pour leschevaux, que ne l’avait été la montée; néan-moins on n’eut que peu d’accidents. Les moinesdu couvent étaient approvisionnés d’une grandequantité de vins, pains, fromages, et en passant,