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Tome sixième.
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2o8 mémoires de napoléon.

Les nuits suivantes, les officiers dartillerie,avec une rare intelligence, et les canonniers,avec la plus grande intrépidité, firent passerleurs pièces par la ville. Toutes les précautionsavaient été prises pour en cacher la connaissanceau commandant du fort : le chemin avait étécouvert de matelas et de fumier ; les pièces, cou-vertes de branchages et de paille, étaient traî-nées, à la bricole, dans le plus grand silence. Ontraversait ainsi un espace de plusieurs centainesde toises, à la portée de pistolet des batteries dufort. La garnison, ne se doutant de rien, faisaitcependant des décharges de temps en temps,qui tuèrent ou blessèrent bon nombre de canon-niers ; mais cela ne ralentit en rien leur zèle : lefort ne se rendit que dans les premiers jours dejuin. On était alors parvenu, avec des peinesextrêmes, à monter plusieurs pièces sur lAlba-redo , d elles foudroyèrent les batteries dufort. Sil en eût fallu attendre la prise pour fairepasser Lartillerie, tout lespoir de la campagneeût été perdu.

Cet obstacle fut plus considérable que celuidu grand Saint-Bernard lui-même, et cepen-dant ni lun ni lautre ne retardèrent dun seuljour la marche de larmée. Le premier consulconnaissait bien lexistence du fort de Bard ; maistous les plans et tous les renseignements à ce