222 Mémoires ue napoléon.
siège. Masséna, après la capitulation, avait com- 1mis la faute impardonnable de s’embarquer desa personne sur un corsaire pour se rendre àAntibes . Une partie de son armée avait été éga-lement embarquée pour la même destination ;seulement un corps de 8,5oo hommes se diri-geait par terre.—Les troupes avaient conservéleurs armes, munitions, etc. La capitulation nepouvait pas être plus honorable ; mais cette fu-neste disposition du général Masséna, d’autantmoins excusable qu’il connaissait l’arrivée del’armée du premier consul sur le Pô, annulatout ce que les conditions de la capitulationavaient d’avantageux. Si, d’après la capitulation,Masséna était sorti à la tête de toutes ses trou-pes (et il avait encore 12,000 hommes disponi-bles, armés, et son artillerie), et qu’arrivé àVoltri , il eût repris ses opérations, il auraitcontenu un pareil nombre de troupes autri-chiennes ; il eût été promptement joint par lestroupes du général Suchet, qui étaient en mar-che sur Port-Maurice, et aurait alors manœuvrécontre l’ennemi avec une vingtaine de millehommes. Mais ces troupes sortirent sans leurgénéral; elles se dirigèrent par la rivière deGênes : leur mouvement ne fut arrêté que lors-qu’elles furent rencontrées par le général Su-chet. Trois ou quatre jours avaient ete ainsi